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Rosaline et l'après-vie

Messages > Expériences de la Mort

Une nuit, alors que je venais d’abandonner mon corps au bras de Morphée, je quittai cette tri-dimension pour un parcours multidimensionnel, me laissant aller au couloir que j’avais l’habitude d’entreprendre. Lorsque tout à coup, je me retrouvai dans une forêt que j’avais déjà empruntée plusieurs fois et qui me servait de portail interdimensionnel.


Je traversai la forêt, je sentais que j’étais observé, mais je ne pouvais distinguer les visages qui me transperçait et qui essayait d’entrer en contact avec mon état de conscience. Je continuai en suivant un sentier qui s’ouvrait devant moi, comme si une serpe invisible dessinait la voie que je devais suivre.

Au bout d’un laps de temps, dont je ne peux déterminer la durée, car le temps était aboli. Je me déplaçais sans toucher le sol, j’utilisais comme à l’habitude la téléportation subdimensionnelle à laquelle je faisais appel dans certaine dimension. En travesant un petit pont, j’aperçu un coin sombre dans la forêt, vers lequel je me sentais attiré. J’avançais sans trouble et tout à coup je m’arrêtai brusquement, mes sens intuitifs me poussaient à observer et scruter ce qui m’environnait. Au début je ne distinguais rien, mais peu à peu, je commençai à voir un corps se dessiner sur le sol. Il était à la fois mort, en état de décomposition avancé, mais on pouvait ressentir une forme de vie à l’intérieur, tourmenté par la douleur et la souffrance.

Je m’approchai et je me penchai sur le corps, pour augmenter ma vision de l’état temporel du corps physique que je me mis à examiner. Je pouvais passer au travers sans entrave aucune, et une question me vint à l’esprit, pourquoi est-ce que je pouvais passer au centre du corps avec mes mains ? La réponse me vint de l’intérieur, je ressentis la douleur et le désespoir qui régnaient dans cet antre qui pourrissait et duquel aucune vie ne pouvait ressortir. Un appel déchirant ressortait par les pores de ce qui restaient encore en partie intacte, les cris étaient associés à des images de violences et de terreurs. L’âme blottit dans un recoin du corps, car elle suivait le mouvement de décomposition et se déplaçait vers ce qui restait encore de tangible.

Je pus distinguer la façon dont la mort était arrivée dans ce corps et qui avait emprisonné cette âme déjà torturé, car elle refusait la morbidité de l’état qui était le sien, elle ne voulait quitter ce corps, elle espérait qu’avec la volonté, elle pourrait lui redonner vie et s’en servir pour changer de lieu et d’état. Elle ressentait ma présence, mais elle avait peu du contact énergétique et vibratoire qui lui ferait quitter son lieu de résidence, car elle savait qu’en le quittant, elle ne pourrait plus y retourner.


J’aperçu dans l’imagerie du corps que son attachement à la terre lui parvenait sous forme d’état de conscience modifié, les cris et les pleurs d’un compagnon resté en vie la rattachait et l’empêchait de prendre conscience que sa seule façon de s’en sortir était de quitter le corps pour avoir la possibilité de distinguer une lueur qui de temps en temps se présentait à elle. Plus le temps passait et plus la lueur diminuait, un filament ténu grisatre se baladait en dessus du corps et il s’éloignait de plus en plus. Tout à coup, il disparu et je sentis que je me retrouvai plongé dans son état, je pus ainsi la distinguer et au fur et à mesure que le temps passait, la vision que je pus avoir d’elle devenenait de plus en plus nette.

Elle me fit un signe me montrer un endroit dans le corps qui était broyé, c’était le crâne, il avait été frappé avec un objet contondant important, car toute boîte crânienne était défoncée. Je ressentis sa douleur, j’avais l’impression que ma tête avait été broyée, et je fus envahit par un mal de tête qui m’empêchait de penser. Je compris alors qu’au moment de la mort physique, elle était restée totalement absorbée dans le cerveau, comme si, au moment du coup fatal, elle s’était réfugiée au centre de la pinéale, dans l’espoir de maintenir la boîte crânienne en état de fonctionner. Brusquement, un coup fatal lui fut porté et elle ne sut plus comment procéder pour rester en vie, elle ne prit pas conscience que lors du premier coup porté, son corps physique avait déjà défailli. Elle développa une telle force qu’au moment du coup, elle reçu un courant dans son âme, ressemblant à s’y méprendre à une décharge de cent mille volts, la projetant dans le centre énergétique dans lequel elle avait l’habitude d’aller se réfugier lorsque les choses allaient mal

Elle avait apprit la méditation et l’utilisation des chakras, lors d’un voyage initiatique qu’elle avait fait sa jeunesse, elle cultivait cet endroit, qui ressemblait à un jardin, elle recréait sans cesse le paysage et les formes pour ne pas perdre la raison. Pour elle ce fut le seul endroit qu’elle pouvait rallier et trouver un état de grâce et de tranquilité. Elle ne se rendait pas compte que le corps énergétique se dissolvait dans l’espace infini qui était le sien, de ce fait elle devait fournir de plus en plus de force qu’elle puisait dans son état de haine qu’elle cultivait et qui lui servait de réservoir pour continuer à survivre dans ce chaos qui était devenu le sien.


Elle me commiqua par la télépathie transdimensionnelle, les images et les sons de ce qui lui était arrivé. Le soir qui précéda sa disparition, elle eut une très forte altercation avec son compagnon en lequel, elle avait confié sa vie durant plusieurs années. Il ne pouvait tolérer qu’elle vive autre chose en dehors de lui, il était devenu le propriétaire de son âme. Son intolérance provoquait haine et violence au sein du couple, les injures et les insultes étaient devenus le lot quotidien. La veille au soir, il l’avait enfermé dans la cave, sans lumière et pour toute nourriture, une livre de pain et un petit morceau de fromage. Elle comprit que la souricière dans laquelle, elle était retenue prisonnière deviendrait, si elle ne se prenait pas en main, son lieu de vie et de torture.

En se concentrant dans le noir, elle se mit à apercevoir des formes et avec ses mains, elle essaya de trouver un objet qui lui servirait d’instrument pour assommer son geôlier. Ses mains rencontrairent un objet en bois se terminant par un plateau en métal, elle pensa immédiatement à la pelle dont elle se servait pour jardiner, elle était tout à coup entre ses mains. Elle se calma et en retournant dans son jardin secret pris confiance en elle, pensant qu’elle finirait par sortir gagante de cette situation.

Après quelques heures, il ouvrit la porte pour venir voir comment allait sa prisonnnière, car c’était l’état dans lequel elle se sentait. Alors à peine avait-elle mis le nez à l’intérieur, qu’elle concentra toutes ses forces et dans un accès de colère frappa droit devant elle sur la silhouette qu’elle distinguait. Le corps s’écroula devant elle, et elle pris les jambes à son coup et remonta les escaliers de la cave à toute allure, ne regardant pas devant elle, ne pensant qu’à sa seule survie. Car elle savait que si elle ne réussissait pas son coup, son sort serait jeté et que cette occasion était son passeport pour la liberté.

Elle se retrouva en quelques secondes dans le patio de la maison, qui se trouvait à la lisière de la forêt. Il n’y avait pas de voisinage, la maison était perdue dans un vallon. C’était la résidence d’été de ses parents, le lieu de tant de souvenirs heureux dont elle se souvint tout à coup. Repensant à sa mère qu’elle avait perdue quelques mois auparavant dans un accident de voiture dans lequel son père fut également mortellement blessé. Elle s’était reposée sur son compagnon pensant qu’il prendrait soin d’elle. Après la mort de ses parents, son comportement changea, il ne tolérait plus le regard des autres qui se portaient sur elle.

La jalousie qu’il n’avait jamais exprimée auparavant fit tout à coup surface plongeant le couple dans un calvaire indescriptible. Les éclats de voix, les scènes de jalousie devenaient de plus en plus violentes, la vie était devenue un enfer. Le soir qui avait précédé son enfermement, elle sortit seule en l’absence de son compagnon. Elle entra dans un bar et fit la connaissance d’un être charmant avec qui elle se sentait revivre. Au fond d’elle, elle sentit qu’elle devait prendre la décision de quitter son compagnon, car la vie était devenu un calvaire.


Au terme de la soirée, elle rentra chez elle, sûre de sa décision, enivrée par la rencontre qu’elle venait de faire, elle mesurait les possibilités qui s’offraient à elle en cet instant, c’était le tournant de sa vie. Forte de cette humeur remplie par l’espoir d’une renaissance future, l’aube d’une nouvelle vie. C’était sans compter sur la jalousie morbide de son compagnon, rongé par une source inconnue. A la mort de ses parents à elle, il avait complètement changé, il était devenu le propriétaire unique de cette chose qu’elle était devenue à ses yeux.

Elle parqua son véhicule devant la maison qui était éteinte, il ne semblait pas là, car il avait pris l’excuse de s’absenter pour une raison professionnelle. Elle ne sentait pas qu’il était devenu dangereux, il renfermait la colère au fond de lui, sachant que l’occasion lui serait donnée de l’exprimer. Il s’écoula deux heures, lorsqu’une voiture parqua devant la maison, elle se leva et alla voir à la fenêtre, c’était lui qui arrivait dans un état qui ressemblait étrangement à une personne imbibée d’alcool. Titubant, parlant tout seul, il se dirigeait lentement vers la maison, tout à coup, il s’arrêta, se mit à réfléchir, quel comportement adopter en face de ce qu’il avait appris durant la soirée.

Ressentant au fond d’elle une sensation étrange, elle retourna se coucher, feignant de dormir paisiblement. Elle entendit la porte d’entrée qui s’ouvrait, il la referma dans un vacarme à fendre le silence qui règnait dans la maisonnée. Elle l’entendit ouvrir le frigo et le bruit d’une bouteille frottant les bocaux qui s’y trouvaient. Elle savait maintenant qu’une nouvelle dose d’alcool venait à s’ajouter à son état d’ébriété qu’elle avait constaté lors de son arrivée. Elle ne bougea pas, craignant qu’il ne l’entende, car elle préfèrait laisser passer la nuit pour lui faire part de sa décision de le quitter.

Il s’écoula un certain temps, elle avait fini par s’endormir pensant au bonheur qui l’attendait en quittant cet homme, qu’elle avait jadis aimé de toutes ses forces. L’Âme de cet amour s’était éteinte, faisant place à un climat oscillant entre la haine et l’indifférence. Tout à coup, dans vacarme assourdissant, il entra en poussant la porte avec un coup de pied. La porte vint heurter la chaise qui se trouvait derrière, il alluma la lumière du plafond, en hurlant des mots incompréhensibles. Elle ne lui répondit pas, lui continua à crier et à l’insulter de toutes ses forces.

Elle sentit que la haine était devenue plus forte que l’amour qui les avait unis. Elle n’eu pas le temps de se redresser, il prit l’extrémité du duvet dans sa main et l’arracha, puis la jeta au sol. Elle se trouvait nue, sans défense, à la merci de ce fou dangereux qu’il était devenu. Elle prit peur et se mit dans la position fœtale, il s’approcha d’elle et la saisi par sa superbe chevelure blonde, il la tira sur le sol, la précipitant contre l’armoire à glace qui se trouvait sur le côté droit du lit. Elle fut terrorisée, ne sachant pas comme réagir, face à cette brute qui la regardait étendue sur le sol.

Il se mit à hurler des phrases à peine compréhensibles, mais elle comprit qu’il l’avait suivit, et qu’il était au courant de sa sortie nocturne. Elle ne l’avait pas vue, tapit dans l’ombre de l’arbre qui faisait face au bar dans lequel, elle était entrée dans le but de se détendre pour pouvoir penser à autre chose. Il l’avait certainement vu, au travers du vitrage, lorsque au bar, elle fut abordée par cet inconnu qui lui permit d’oublier pour un instant la vie qui était la sienne.

Il la saisit de nouveau par les cheveux, les prenant à pleine poignée, elle essaya de se débattre, mais elle ne faisait pas le poids face à cette bête qui se déchaînait sur elle. Il la traîna sur le sol comme l’on ferait avec un sac de charbon. En passant le seuil de la chambre, elle sentit une déchirure dans la jambe et se mit à hurler. Pour seule réponse, elle reçu un coup en plein visage qui la laissa chaos. Elle sentit à peine les marches qu’ils descendaient, la tirant de toutes ses forces. Elle essaya de se dégager de la situation, mais rien ne fit, le forcené qu’il était devenu, la trainait inexorablement vers le rez-de-chaussée. Tout à coup, il la tira d’un geste brusque, elle heurta avec sa tête la balustrade et elle se retrouva à ses pieds. Il continuait de la maintenir par les cheveux, ne lachant pas la prise, au contraire, il renforça sa position, la tenant fermement. Elle sentit qu’il ne lâcherait pas son corps meurtrit par les marches qu’ils venaient de descendre.

Brusquement, il enchaîna les mouvements, en se dirigeant vers la porte du sous-sol, il l’entraîna sans lui laisser la moindre chance de se défaire de la prise dont elle était la victime. Il la tira dans cette position sur les marches qui donnaient accès à des dépendances du sous-sol dont faisait partie la cave. Elle pensa qu’il allait céder la prise, et qu’elle pourrait enfin lui échapper, plus elle résistait et plus les coups pleuvaient, la laissant sans connaissance. Au bout d’une heure ou deux, elle repris connaissance, elle était dans le noir, et elle ressentait l’humidité de la cave et entendit des bruits étranges, ce devait être des rongeurs qui avaient été dérangés. Elle essaya d’atteindre le bouton de la lumière, en pressant sur le bouton, elle compris qu’il avait ôté l’ampoule avant de ressortir. Elle paniqua et essaya de tambouriner dans la porte, mais aucune réponse ne lui parvint.


Elle s’assit contre la porte, blottit sur elle-même, recherchant à réunir ses énergies en un seul endroit du corps, ce qui lui permettrait de réchauffer les parties du corps endolories par les coups et les marches sur lesquelles, il l’avait traînée. Elle sentit en frôlant son corps avec sa main gauche que certaines parties devaient saigner. Elle prit peur et songea un seul instant aux rongeurs qui se trouvaient auprès d’elle, mais qu’elle ne pouvait voir, elle craint tout à coup que le sang ne les attirent et qu’ils se mettent à l’attaquer. Elle essaya de se rappeler ce qui se trouvait dans cette cave, et se rappela que sur la gauche de l’entrée se trouvait une vieille chaise qu’elle avait aperçue. Elle essaya de chercher avec ses mains et entra en contact un barreau de chaise et elle se hissa dessus, pensant qu’en hauteur, elle serait plus en sécurité.

Elle réfléchit comment sortir de cet antre dans lequel elle se trouvait plongée. Elle devait à tout prix trouver une solution à sa situation. Elle reprit tranquillement ses esprits et entra en elle, comme elle l’avait appris dans son cours de méditation. Elle ne savait pas à quel moment, il allait surgir et dans quel état il se trouvait. Elle entendit des pas en dessus d’elle, il faisait les cents pas, tout à coup, elle entendit un coup sonore, il avait projeté des objets contre le mur du salon. Elle espéra qu’il s’assoupisse, et qu’ayant désaoulé, il prit conscience de ce qu’il avait accompli et que contrit, il vint lui ouvrir pour lui demander pardon, comme il avait pris l’habitude de le faire depuis quelques temps.

Elle se concentra pour voir ce qui se trouvait à sa portée, sa vision dans le noir faisait apparaître le contour de certains objets. Elle souvient tout à coup que ses outils de jardinage se trouvaient dans un recoin de la cave. Elle détermina l’endroit et pris conscience qu’aussitôt en possession d’un objet, elle devait rejoindre la chaise sur laquelle elle s’abritait. Le froid et l’humidité commencait à prendre possession de ses membres.

Elle fit trois pas et se saisit du manche de la pelle et retourna sur la chaise. Elle attendit probablement deux ou trois heures, lorsqu’elle entendit du bruit, on venait d’ouvrir la porte menant au sous-sol. Elle déplaça la chaise derrière la porte pour qu’elle puisse le surprendre. Il arriva devant la porte et lui cria qu’il l’avait vu dans ce bar et qu’elle le trompait, probablement depuis longtemps. L’insultant et l’injuriant pendant plusieurs minutes, elle ne répondit pas, elle préféra garder le silence, pensant que de cette manière, il allait remonter à l’étage.

Elle se tenait prête sur la chaise derrière la porte, lorsque tout à coup la porte s’ouvrit et lorsqu’elle distingua sa tête, elle le frappa de toutes ses forces avec le plat de la pelle. Il s’écroula sur le sol, ne bougeant plus, elle profita pour l’enjamber et pris les jambes à son cou et remonta les marches de l’escalier. Quatre par quatre. Arrivé au haut, elle se saisit la robe qui était resté pendu à un cintre dans le salon, mis des chassures de sport et ne songea plus qu’à une seule chose, quitter ce lieu qui était devenu dangereux pour elle. Elle sortit et retrouva dans le patio devant la maison.

Elle se dirigea vers son véhicule, il était fermé, elle comprit qu’il était venu verrouiller la porte. Elle voulu retourner dans le salon pour essayer de retrouver les clés, mais il apparut dans l’embrasure de la porte du sous-sol. Elle fit demi-tour et se dirigea vers la forêt qui bordait la maison. Elle ne se souvenait dans quelle direction se trouvait la route principale. Elle ne songea qu’à une seule chose, s’abriter dans la forêt, pensant qu’il allait lui laisser du répit pour qu’elle puisse rassembler ses idées pour trouver une solution à son problème.

Elle entra dans la forêt et fit une centaine de mètres et se mit à l’abri sous un feuillage, pensant que s’il entrait également dans forêt, il ne la remarquerait pas, elle se cacha sous le feuillage, des branches la cachaient des regards. Elle se sentit en sécurité durant un instant, elle voulait reprendre des forces. Pour un temps, elle oublia les douleurs qui traversaient son corps. Par la pensée, elle anestésia ses membres endoloris. Elle s’assoupit, car la fatigue l’envahissait peu à peu, mais elle voulait rester concentrée pour ne pas rester sans défence dans le cas où, il ferait irruption dans sa cachette. Aucun bruit à l’entour, elle relâcha petit à petit sa vigilence, et finit par s’assoupir.


Tout à coup, dans un bruit tonitruant, elle sentit une douleur atroce, déchirante au creux de sa tête, elle eu juste le temps de se rendre compte que quelque chose de grave venait d’arriver. Elle ne pouvait plus bouger, elle ne sentait plus rien, ses sensations physiques s’étaient éteintes. Son corps se paralysa et subitement, elle fit l’expérience de la décorporation et fut projeter hors de l’enveloppe coporelle.

Elle ne comprit pas ce qui lui arrivait. Elle voyait son compagnon s’acharner sur son coprs avec une masse métalique au bout d’un manche. Il frappait de toutes ses forces en injuriant et insultant son corps qui gisait sous le tas de branchages. Tout à coup, il s’arrêta, regarda ce qu’il avait fait et comprit immédiatement que l’irréparable était arrivé. Il prit le corps par les pieds et le poussa sur le côté et il parti d’un pas assuré vers la maison. Elle le suivit, ne comprenant pas ce qui lui arrivait.

Les cris qu’elle émettait ne lui parvenait pas, elle pensa qu’il était devenu sourd à tout ce qui lui était extérieur. Elle ne comprit pas tout de suite que la mort avait fait son œuvre et que son corps qui gisait au pied de l’arbre était sans vie. Les forces vitales qui virevoltaient autour du corps cherchaient un moyen pour entrer en celui-ci, espérant qu’un souffle de vie restait encore possible.

Il revint de la maison avec un rateau et il rassembla toutes les feuilles en un tas compact. Il empoigna les pieds de la jeune femme dans ses mains, et tira sur le corps pour le rapprocher de l’arbre et il vit un creux au pied de l’arbre. Il poussa le corps dans l’orifice et ensuite se mit à le recouvrir du feuillage qui se trouvait là à sa portée. Il recouvra le tout de branches et alla en chercher d’autres. Il entassa les branches jusqu’à ce que les feuilles fussent complètement recouvertes, et s’en alla vers la maison. Elle le suivit, ne comprenant pas ce qui lui était arrivé, il entra dans la maison et alla se coucher. Elle fit pendant un temps qui lui parut interminable les trajets entre la maison et son corps.

Quand tout à coup, elle décida de retourner à l’intérieur du corps pensant qu’elle pouvait lui redonner vie. Elle rassembla toutes ses forces et se projeta à l’intérieur, mais le spectacle de désolation qui y régnait lui donnait la nausée dans sa forme la plus subtile. Elle se rappela que dans des moments difficiles, il lui fallait se blottir dans son lieu secret qu’elle s’était créée pour reprendre des forces et esprérer que le corps pouvait réamorcer les organes. Mais rien n’y faisait, ses efforts restaient vains, elle désespéra de ne pas y arriver. Elle ne se rendait pas compte que le corps dans lequel, elle se blottissait ne trouvait plus dans la tri-dimension, mais dans une dimension parallèle, elle venait de reconstituer sur le plan subtil la copie conforme de son corps physique.


Elle confondait la nature du corps, car son esprit se perdait dans la douleur et la souffrance qui s’était mis à se multiplier, augmentant sans cesse son seuil de douleurs. Elle ne comprenait pas pour quelle raison, ce qu’elle avait appris ne lui servait à rien dans la situation présente qui la plongeait dans un état de prostration et de haine terrible. Elle n’avait jamais auparavant dans sa vie terrestre fait l’expérience d’une telle force, tout se multipliait. Elle ne contrôlait plus rien, elle sentit qu’un temps sans fin l’unissait à ce corps et aux sentiments qui étaient devenus subitement incontrôlables. La confusion gagnait en intensité et tout s’amplifiait, revivant sans cesse ce qui c’était passé. Elle était devenu l’artisane de sa propre déchéance et de sa propre souffrance.

Elle s’effondra sur elle-même, et sombra dans un délire qui l’entraîna dans une chute sans nom. Tout s’obscurci, tout autour d’elle était en état de délabrement, elle vivait dans une calamité où les troubles se multipliaient et s’accentuaient la plongeant dans une souffrance intérieure qui se projetait dans son environnement immédiat. Elle ne distinguait plus sa vie présente, de son ancienne vie, le monde des vivants ne venait pas à elle, rien de ce qu’elle avait vécu sur terre ne l’atteignait. Son souci n’était pas de savoir si l’on avait arrêté son bourreau, ni même si son corps avait eu une honorable sépulture. Elle était désormais enterrée vivante dans une autre dimension dans un corps qu’elle avait formé par la projection qu’elle avait faite de son corps terrestre, dans l’état où elle l’avait quitté. Elle vivait des tourments que l’on pourrait qualifier d’enfer.

Elle créait, vivait et habitait dans cet espace qui se situait dans le corps qu’elle avait construit par la force de la pensée, par sa propre volonté, qui l’avait conduit dans cet univers d’où l’on ne revient pas, c’est le feu éternel qui consume sans cesse augmentant à volonté la dose de souffrance et douleur. Ce n’est pas le corps qui souffrait, mais l’enveloppe de l’âme et des différents corps énergétiques transposés dans ce monde qui n’avait plus rien à avoir avec le monde terrestre, mais si proche de sa réalité. C’était à s’y méprendre, mais tout son espace confiné se réduisait à un minuscule petit pois aux dimensions infinies, l’espace abyssal qu’il abritait offrait à son hôte la possibilité de se perdre définitivement, oubliant son identité et son existence personnelle.

Le seuil de tolérance pour un être vivant sur terre aurait été atteint des milliers de fois, sans cesse elle détruisait et reconstruisait son univers. La détérioration qui s’en suivait était de plus en plus importante, car elle perdait ses repères précédents, l’obligeant à se dépasser et à oublier la torture et la douleur tangible qui était la sienne dans les moments de grande intensité et de lucidité.

Lorsque je découvris ce corps, placé dans la même position que son corps terrestre et dans les mêmes conditions de couverture. Je compris par cette expérience que la mort physique était parfois le prélude à une souffrance bien plus grande, plus intense dans un espace temporel et intemporel qu’aucun être vivant ne voudrait expérimenter pour rien au monde. Toutes les souffrances infligées sur le plan physique et mental dans la tri-dimension ne sont rien à côté de ce qui attend les êtres tourmentés de l’autre côté du miroir.

Je constatai que l’aide que je pouvais lui apporter serait autre que celle que j’aurais dispensé dans la tri-dimension de notre espace terrestre dans le cadre d’un rite funéraire post-mortem. Aucune prière, aucun rite, aussi puissant soit-il ne pouvait l’atteindre, elle était enmurée vivante dans un enclos dont les barbelés étaient électrifiés par la souffrance et la douleur qu’elle avait ressentit et vécue lors de sa mort terrestre. Elle était devenu à la fois la victime innocente du criminel qui lui avait enlevé la vie et le bourreau de sa vie présente forgée sur les seules expériences vécus au moment de sa mort. Elle était restée comme figée dans une tour d’ivoire dont aucune main secourante venant de notre espace ne pouvait la soulager ou lui mettre un baume apaisant sur la plaie béante de son âme.

Elle faisait l’expérience que beaucoup d’être décédé avait vécu avant elle. Elle était devenue une goutte d’eau oubliée dans l’océan infini, vivant sans cesse le combat pour sa survie et sa volonté d’exister était tellement forte, qu’elle avait oublié les principes de relâchement. Le temps qui s’écoulait n’avait aucune importance pour elle, car elle vivait dans un présent sans cesse renouvelé. Elle était devenue le créatrice et la destructrice de son espace de vie.


En traversant cet espace informel, je m’aperçu que d’autres points apparaîssaient et disparaissaient sous mes yeux. Je restai concentré sur la seule chose pour laquelle j’étais là, trouver le moyen de montrer la voie à cette âme perdue. En regardant au travers de son état, j’aperçu la vie qu’elle avait quitté, les espoirs déçus qu’elle avait vécu, le désespoir avait gagné tout l’espace et ce vide immense m’envahissait et m’emprisonna tout à coup. En tant que psychopompe, je ne risquais pas de me perdre dans cette âme en proie aux affres de son existence. En restant centré sur elle, je vis que tout l’environnement reprenait forme et que je me retrouvais dans la même forêt qu’à mon arrivée et je constatai que j’avais toujours ma main plongée dans son corps.

Tout à coup, elle s’agrippa à mon bras, rien n’aurait pu la détacher, elle ressentait au fond d’elle, une sensation nouvelle de liberté, un apaisement instantané de sa souffrance. Tout était si réel, je retirai le bras et je vis devant se former un corps énergétique semblable à celui qui était couché à mes pieds. Plus aucune trace de ce qui lui était arrivé, juste un sentiment infini de paix l’innondait et l’envahissait peu à peu. Nous ne parlâmes pas, nos esprits étaient entrés en fusion et communiquaient sans entraves, elle me demanda de regarder en elle et j’aperçu une flamèche blanche qui scintillait dans l’espace de son cœur. Je compris que la vie interdimensionnelle prenait forme en elle et que sa libération était proche. Elle sentait d’intuition qu’une autre porte allait s’ouvrir.

Elle m’offrit un dernier cadeau, la vision de son ensevelissement terrestre et le visage de son criminel à qui elle venait de pardonner dans une compassion infinie. Elle était en paix et n’avait plus besoin qu’une loi quelconque s’abatte sur lui et le condamne, elle n’éprouvait plus aucune haine, l’amour peu à peu l’envahissait, et la lumière scintillante de son corps spirituel illuminait tout l’espace et fit disparaître la copie du corps mortel qui se trouvait à mes pieds.


Elle atteignait l’immortalité, devant nous se mit à briller une très forte lueur qui venait à nous et un être immense apparut au centre de cet espace luminescent, il me fit un signe et je compris que l’heure de son départ approchait. Elle me regarda, l’intensité et la profondeur de sa reconnaissance était infinie et dépassait toute forme d’entendement. Elle était une grande âme qui ne demandait qu’à grandir, à fleurir au firmament. Elle allait devenir une étoile dans la grande voie lactée. Le guide lui tendit la main, et me remerciant par un signe, ils s’éloignèrent dans une lueur intense qui allait en diminuant et finit par disparaître complètement. Mon ministère était terminé, à peine cette pensée m’avait-elle traversée l’esprit que je me retrouvai sur la route qui allait me conduire dans un autre ailleur.

Lorsque je pris conscience de mon corps terrestre, je constatais qu’il ne s’était écoulé que six heures, alors qu’il m’avait semblé avoir vécu une éternité. Je me demandai ce que je devais faire une fois de retour, communiquer avec les amis qu’elle avait laissé ici-bas pour leur faire savoir qu’elle avait trouvé la paix et qu’il ne servait à rien de la pleurer aujourd’hui. Elle s’appelait Rosaline et elle avait un frère.

Aller vers ce frère et lui dire des mots qu’il n’a pas demandé à entendre, cela servirait-il vraiment à quelque chose. Rosaline et son guide ne m’avait laissé aucune recommandation.

La réponse que je ressentais était non, je suivis mon intuition et n’en fis rien. Je pensai simplement à la profondeur de l’Amour qui était le sien lorsqu’elle m’a regardé avant de partir au bras du Porteur de Lumière. Je savais que d’autres expériences allaient me donner d’autres possibilités de révéler aux vivants le calvaire douloureux et déchirant de ceux qui sont partis trop tôt.



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